26 avril 2009
Manches de cotte simple / Kirtle sleeves
Incroyable mais vrai, moi, la réfractaire à la couture et aux trucs de fille en général, j'ai fini par me lancer. Depuis plusieurs semaines je porte une cotte simple (XVème siècle) trouvée à Warwick, mais impossible de trouver des manches. Il a donc fallu me résoudre à les faire moi-même.
J'ai donc acheté de la laine à la mesnie des délices lors de leur dernier passage en taverne, et au travail ! Ce n'est pas très compliqué, certes, et mes points sont approximatifs, mais je suis très fière de moi.
Les points sont au fil bleu et blanc. Je leur ai donné l'aspect de surpiqûres pour donner plus de relief au tissu, assez clair. Les manches sont attachées à la robe par des épingles, procédé normal à cette époque (ce qui me permettrait d'être "tirée à quatre épingles").
This is my first "serious" message in English on this blog, so please have mercy. I know that many gifted reenactors publish their works on blogs, and I am not aiming at being as good as they are. Anyway, I thought it might interest someone, so please do not hesitate to give me your opinion.
I found a XVth century kirtle in Warwick last february, but was unable to find sleeves. Even if I am very bad at sewing, I resigned myself to make my own. These ones are made of beige wool, with visible blue and white stiches. I attach them with pins, which is typical of the period.
25 avril 2009
Pontoise (avril 2009)
Il est des choses qui reviennent comme les maronniers, et le marché de l'histoire de Pontoise en fait partie. Ce que nous nous sommes empressés de faire aujourd'hui. Néanmoins, ce ne fut pas sans mal : lentilles abimées et achat en urgence, ceinture qui casse au moment de partir, et chainse tachée de vin ayant échappé à notre vigilance jeudi.
Après 30 minutes d'attente par temps un peu frais - je me réjouis d'étrenner mes nouvelles manches en laine - et 7,5€ d'entrée (!!!), nous pénétrons dans le hall encore vide. Un rapide tour d'horizon et voici le premier achat : l'Anglais craque pour un doublet marron qui complète sa tenue XVème (Azincourt, nous voilà !).
Nous errons dans les allées, ce qui me permet de faire l'acquisition de différents écheveaux de laine à broder/tisser/tresser teintés naturellement. Long arrêt pour déguster de l'hypocras (on ne se refait pas) et essayer des instruments de musique pour notre association. Résumer une journée de shopping serait fastidieux, mais voici le résultat des courses : une pièce de brocart bleu et beige (je n'ai pas pu résister), un livre de cuisine médiévale (oui, encore un), des gobelets en argile pour les campements, une cervelière saxonne, de l'hypocras, une cale (coiffe en tissu).
Maintenant, il n'y a plus qu'à se mettre au travail en attendant les prochaines fêtes !
20 avril 2009
Dans la brume électrique
Hier, nouvelle séance ciné. Et oui, ça n'en finit plus... Nous avions décidé d'aller voir le dernier film de Bertrand Tavernier, encouragés par les critiques lues un peu partout.
Dave Robicheaux est inspecteur de police à la Nouvelle-Orléans. Alors qu'il enquête sur une affaire de meurtre sur une jeune femme, la découverte d'un nouveau corps fait ressurgir un passé qu'il croyait oublié.
Ce film est déconcertant : des acteurs remarquables, une bonne réalisation, une très belle musique, servie entre autres par Buddy Guy, des décors somptueux - ah, le bayou - et une intrigue qui replace la Louisiane dans son contexte actuel post-Katrina et celui de la ségrégation raciale... Et pourtant. Je dois reconnaître que quelque chose a bloqué. Le scénario, peut-être.
Il est difficile d'en dire plus, d'autant que j'ai l'interdiction expresse de Matou de spoiler quoi que ce soit, mais le "mystère" dont j'entoure ma critique vous donnera à peu près mon sentiment à la fin du film...
18 avril 2009
Les trois royaumes
Avant d'aller voir Harvey Milk, l'Anglais et moi avions choisi un film plus "reposant" pour les neurones : les trois royaumes, dernier opus de John Woo.
Chine ancienne. Le tout-puissant premier ministre de l'empire chinois force l'empereur à déclarer la guerre au Sud, afin d'assouvir sa soif de conquête. Le seigneur attaqué sent qu'il ne pourra résister longtemps, quand son stratège lui propose un plan : faire alliance avec son voisin pour parvenir à un équilibre "à trois pieds". Il s'ensuit alors une guerre faite d'escarmouches et de ruses, avant la grande bataille...
Dit comme cela, on dirait un énième film d'action hong-kongais. Oui et non, car c'est du John Woo quand même. L'argument d'origine est historique, même si les personnages et les faits ont été "librement adaptés". Malgré les nombreuses scènes de combat, le réalisateur parvient à insérer des moments de calme, qui sont autant de "repos" pour les héros du film. Comme le dirait l'Anglais, il faut quand même avoir une certaine esthétique asiatique pour apprécier cet aspect du film.
Le casting est impressionnant, avec entre autres Tony Leung et Takeshi Kaneshiro (on notera aussi la participation de Shidô Nakamura dans un film entièrement tourné en chinois). J'avoue ne pas être assez calée en culture chinoise pour dire quels sont les autres acteurs connus...
Un très bon divertissement, en tout cas.
17 avril 2009
La mère Michelle...
Depuis bientôt un an, j'essaie d'emmener Pimouss - une collègue et néanmoins amie - en soirée médiévale. Nous pouvons nous targuer d'avoir eu tous les empêchements possibles et imaginables, la plupart du temps à la dernière minute : déplacement professionnel, maladie, problème familial, concert... Nous avons fait le tour des excuses les plus farfelues et pourtant véridiques.
C'est donc pleine d'espoir que je parviens hier soir à la ramener à la maison en vue d'un essayage et d'une sortie : il n'y a en effet plus aucun obstacle à ce que la soirée se déroule bien. Sauf que. C'est précisément hier soir que le chat a fait sa première fugue : au troisième étage, elle est passée de notre balcon à celui de l'appartement voisin... inoccupé, bien entendu. Et de passer une bonne demi-heure, à demi penchés dans le vide pour récupérer l'animal (à coups de croquettes, de jouets, de câlins et de menaces), à tel point que nous avons vraiment pensé oublier la soirée.
Mais tout est bien qui finit bien, et plus de peur que de mal : j'ai réussi à récupérer le chat par la peau du cou (et à m'exploser une épaule) et nous sommes partis pour de médiévales aventures !
14 avril 2009
Harvey Milk
Profitant du week-end de Pâques, l'Anglais et moi sommes allés explorer les salles obscures et rattraper notre retard en matière de films. Nous sommes donc allés voir Harvey Milk, dont c'était la dernière semaine d'exploitation.
Années 1970, Harvey, gay "en cachette", rencontre Scott, qui le pousse à vivre leur relation au grand jour. Ils quittent New York pour San Francisco, où ils se heurtent malgré tout à l'homophobie. Harvey décide alors de prendre les choses en main et de fédérer les commerçants gays.
De fil en aiguille, il est amené à prendre de plus en plus de responsabilités et se présente aux élections municipales pour le poste de conseiller - le système est un peu différent du système français. Il finira par être élu en 1977, mais ne pourra exercer son mandat qu'une année, avant d'être assassiné.
Encore une biopic. Certes, mais pas seulement. Le film est une manière d'aborder le problème de l'homophobie et de la discrimination sexuelle, du combat politique et des droits de l'homme.
Sean Penn est un acteur remarquable, à contre-emploi par rapport à ses rôles habituels, et "habite" littéralement son personnage. Le film entremêle images tournées et images d'archive, notamment les interventions télévisées de ceux auxquels Milk s'est opposé : la chanteuse chrétienne fondamentaliste Anita Bryant et le sénateur David Briggs - qui cherchait à imposer le renvoi des enseignants homosexuels et de leurs soutiens.
Alors même que le débat fait rage chez nous pour le "statut du beau-parent", on peut entendre les mêmes arguments rétrogrades et fallacieux, notamment le fait que l'homosexualité va à l'encontre de la "loi divine" ou de la "nature". Ce film est un excellent moyen de remettre les choses dans le contexte, car il y est aussi question d'amour, de souffrance et de couple.
10 avril 2009
Elvis Perkins in Dearland
A l'origine, je voulais faire cet article avant de partir en Suède, mais je n'en ai pas eu le temps. Jeudi de la semaine dernière, les parents de l'Anglais nous avaient invités au concert d'Elvis Perkins, accompagné de son groupe, venus défendre leur nouvel album à la Maroquinerie.
La première partie était... mauvaise ? insignifiante ? catastrophique ? Pas bonne en tout cas (le groupe s'appelait La Féline) : la chanteuse, faussement ingénue mais franchement coconne ("On a auto-produit notre album... ça veut dire qu'on l'a réalisé nous-mêmes." Ben voyons), la musique déjà entendue, les paroles tellement mal prononcées que nous étions incapables de dire s'il s'agissait de français ou d'anglais...
C'était sans doute le prix à payer pour pouvoir assister à un excellent concert. L'alchimie entre les musiciens est évidente. Tous sont doués, jouent de plusieurs instruments (guitare et harmonica, batterie et harmonica, basse et contrebasse, guitare, harmonium et trombonne...), et sont clairement là pour s'amuser.
Les chansons alternent entre émotion poignante - notamment quand Elvis, qui a perdu sa mère le 11 septembre, évoque le souvenir de ses parents - et grands moments de joie - la reprise d'un gospell de manière très sérieuse jusqu'au dénouement... joyeusement bordélique. La salle, bondée, est conquise, applaudit à tout rompre et parvient à obtenir trois rappels !
En tout cas, cela m'a donné l'occasion de mieux connaître ce chanteur que je n'avais entendu que dans la voiture, et je vous invite à en faire autant.
08 avril 2009
Last but not least (Stockholm, la fin)
Dimanche matin, il fait moche, un temps beaucoup plus approprié à la saison : 8 degrés, fine bruine et ciel gris. Malgré tout, nous décidons de profiter de cette dernière journée - nous avons quartier libre jusqu'à 17 heures. Retour à Dujrgarden, l'île aux musées, pour aller admirer le Vasa.
Le Vasa est un navire de guerre construit sur ordre de Gustave Adolphe au XVIIème siècle. Sa construction prit deux ans, car ce devait être le plus beau vaisseau de la flotte, propre à montrer la puissance de la Suède. Malheureusement, il sombra le jour de son voyage inaugural dans la baie de Stockholm à cause d'une erreur de calcul - le ballastage était insuffisant pour maintenir le bateau sur l'eau.
Le musée est plongé dans la pénombre pour ne pas abimer les vestiges, ce qui rend le vaisseau - remarquablement bien conservé - encore plus impressionnant. Sept niveaux sont nécessaires pour pouvoir admirer les différents ponts, les canons, les postes d'observation... mais aussi les innombrables sculptures, véritable programme politique flottant (images tirées des mythologies grecque, latine et scandinave, de la Bible et de l'histoire romaine), qui étaient toutes peintes (une maquette restitue d'ailleurs le Vasa dans ses couleurs originelles... magnifique).
Le musée présente également de manière très complète la vie en Suède au XVIIème siècle, les techniques de construction navale, les raisons du naufrage... Nous en sortons éblouis, au propre comme au figuré.
Nous marchons ensuite le long des quais jusqu'à Gamla Stan, afin de prendre un verre et faire un peu de shopping. Nous en profitons pour faire l'acquisition de Rudolph, notre nouvelle couverture de campement médiéval !
Nous terminons l'après-midi à Livrustkammaren, sorte de "trésor royal" où sont exposées des parures pour chevaux (pour les carrousels), des armures, des armes, mais aussi des costumes de cour portés par la famille royale au cours des siècles... Dans les sous-sols, on trouve également les carrosses utilisés depuis le XVIIème siècle par les rois et reines de Suède. A noter que, comme dans chaque musée visité ici, certaines salles sont expressément conçues pour les enfants - en l'occurrence, ils peuvent s'habiller comme des chevaliers et des princesses et monter en carrosse.
Retour sans encombre à l'hôtel puis à la maison, où nous arrivons vers minuit, accueillis par un chat indigné !
07 avril 2009
Le samedi au soleil (Stockholm, la suite)

Samedi matin, après un petit déjeuner dantesque - affluence digne d'une gare parisienne, pénurie de couteau - nous partons à pied pour une journée bien remplie. Première étape, Storkyrkan, église située dans Gamla Stan et où sont célébrés les couronnements et les mariages royaux. L'endroit abrite une célèbre sculpture de Saint Georges terrassant le dragon, réalisée en 1470 pour commémorer une victoire suédoise. Mais l'église est en elle-même magnifique : hautes voûtes et larges fenêtres, plafonds ornés de fresques, mobilier baroque...
Marche dans Söder jusqu'à l'extrémité ouest de l'île. Nous cherchons Street, présenté par les guides comme l'équivalent local de Camden Town. Malgré notre acharnement, nous ne parvenons pas à trouver l'endroit (nous apprendrons plus tard que le plan ne l'indiquait pas au bon endroit), et revenons vers les rues arpentées hier pour un peu de shopping - quelques vêtements et CD.
Pause déjeuner à Slussen, la place qui fait la jonction entre Gamla Stan et Söder, où nous dégustons des harends frits servis sur du pain non levé avec des oignons crus et du concombre - un plat typique, chaudement recommandé par les guides, et délicieux.
Nous prenons le ferry pour rejoindre l'île de Djurgarden, sorte d'immense parc où sont situés de nombreux musées. A cause du beau temps, les gens affluent et nous sommes un peu coincés par les poussettes, mais le trajet est court et la vue remarquable.
Destination Skansen, sorte de village musée, qui regroupe des maisons typiques de toute la Suède, organisées par région d'origine. On peut découvrir le travail d'artisans comme un souffleur de verre ou un boulanger, visiter une tente sami (et tester le confort de la peau de renne) ou encore admirer un clocher, seul vestige d'une église ravagée par un incendie.
Mais l'endroit abrite aussi un petit zoo, où sont hébergés des animaux scandinaves, tels que rennes, élans, ours, loups, renard, mais aussi bison, sanglier, phoque, écureuil et serval (le wolverine). Nous apprenons au passage que l'élevage des rennes est un privilège réservé au peuple Sami, et que l'on compte environ 300.000 élans dans le pays et que l'on en abat 100.000 chaque année.
Retour en bus et sieste, car nous tombons de fatigue. A notre réveil, surprise : je suis toute rouge et j'ai mal à la tête. Et oui ! J'ai attrapé une petite insolation. Comme quoi tout est possible...
Nous partons dîner dans Gamla Stan, dans un restaurant certes touristique, mais qui a l'avantage de proposer des plats à base de nourriture locale. Au menu, carpaccio d'élan, rôti de renne aux airelles et pommes de terre, le tout arrosé de bière locale et d'un verre d'aquavit (ça arrache !). Puis nous décidons de retourner au restaurant médiéval d'hier, afin de goûter leur "hypocras et métiers" que nous n'avions pas pris hier. L'hypocras, très riche en cannelle et clous de girofle, est différent de ce à quoi nous sommes habitués mais délicieux. Les petites "gauffres" sont inspirées de la recette des gros bâtons.
A notre surprise, le chef demande à nous rencontrer et nous apprend qu'il fait de la reconstitution - mais est-ce une surprise ? - et nous entamons une longue discussion. D'autres personnes nous rejoignent, et nous passons toute la soirée en leur compagnie, enchaînant les verres et les anecdotes de fêtes médiévales. A 2h du matin, suite à une rixe, la police débarque et demande au restaurant de fermer. Nous rentrons pas très droit mais sans problème à notre hôtel et profitons d'une vue magnifique de la ville sous la pleine lune.
Dernier épisode demain !
06 avril 2009
Stockholm !
A force de vous en parler, nous avons fini par partir en Suède avec l'Anglais le week-end dernier. Trois jours de marche à pied, de visites, de soleil, de nourriture et de boisson.
Stockholm est un archipel, ses multiples îles sont reliés par des ponts ou par ferry. La ville est irriguée à la fois par la mer Baltique et par un canal d'eau douce. Nous étions logés sur l'île de Kungholmen, près de l'hôtel de ville (Stadhuset).
Levés très tôt vendredi pour supporter tous les contrôles aéroportuaires - alors que nous ne croiserons pas un seul douanier du séjour - nous arrivons en milieu de journée. Avant de pouvoir rejoindre l'hôtel et partir en exploration, nous avons malheureusement à subir près de deux heures de promenade en bus avec le reste du groupe, avec arrêts obligatoires pour prendre des photos.
Ce n'est qu'en fin d'après-midi que nous pouvons enfin nous échapper et découvrir Gamla Stan, le centre historique de la ville. Alors que les guides présentent le lieu comme les vestiges de la cité médiévale, force est de constater que les bâtiments datent surtout de l'époque moderne - Stockholm a subi plusieurs incendies au cours de son existence. L'île abrite également le palais royal, certains ministères et beaucoup de boutiques à touristes, mais malgré tout, l'endroit est très beau.
Suite de la promenade dans l'île de Söder - le Sud - quartier plutôt branché et jeune, et surtout, pour ceux qui connaissent, quartier où sont sensés résider ou travailler les héros de la série Millenium. Nous marchons dans Götgatan, l'artère principale, avant de revenir en passant dans les petites rues adjacentes et de pouvoir admirer le coucher du soleil depuis une passerelle.
Pour le dîner, nous avons la chance de découvrir un restaurant médiéval ! L'endroit est magnifique : des caves voûtées médiévales dans Gamla Stan - qui, elles, n'ont pas brûlé - et la nourriture, directement inspirée du Viandier de Taillevent est délicieuse : porc au cumin et aux fèves pour moi, loup au fenouil et orge au safran pour l'Anglais. L'ambiance est néanmoins très différente de la taverne parisienne, car l'endroit est avant un restaurant et un bar, et il n'y a que peu de personnes costumées.
Nous terminons la soirée dans ce qui est sans doute l'endroit le plus touristique de la ville : l'Absolut Ice Bar. Vêtus de ponchos bleu électrique, équipés de gants, nous pénétrons dans un espace assez réduit - environ 40m² - entièrement construit en glace (murs, meubles... et même le bar). Nous dégustons un wolf's paw (vodka, jus d'airelles et airelles fraîches) dans un verre de glace et, jamais dernière pour une idiotie, je casse mon verre alors que l'Anglais tente de me prendre en photo ! Un petit bloody Mary très chargé en Worcestershire, une rencontre avec des Sud Américains qui jonglent avec les verres, et nous rentrons à l'hôtel de bonne heure, complètement épuisés.
La suite demain !