11 décembre 2009
Rammstein
Mardi soir, c'était concert de Rammstein à Bercy. L'histoire de ce concert est assez particulière, et rien que l'obtention des places tient du roman : la mise en vente a eu lieu lors du week-end de Provins (celui où nous étions occupés à camper dans les douves), et dès le lundi suivant, il y avait rupture. J'avais donc fait une croix sur la possibilité de m'y rendre. C'était sans compter Sylve, qui a réussi à nous obtenir les deux dernières places disponibles auprès de son CE une dizaine de jours plus tard.
"Nous" ? Et oui, vous n'avez pas rêvé, il y avait deux places : pour moi et... pour l'Anglais qui, le pauvre, n'en demandait pas tant. Néanmoins, comme tout cela partait d'un très bon sentiment, il se résolvait à l'inévitable : écouter du métal pendant deux heures, en allemand, et entouré de gens tous plus frappés les uns que les autres. Mais le destin lui a soufflé une autre idée : nous avons décidé d'offrir ladite place à Tommy ze Geek, mon beau-frère qui, lui, pleurait toutes les larmes de son corps à l'idée de ne pas pouvoir y aller.
Donc mardi soir, j'arrive à Bercy avec GauT et Sylve vers 18h30, il pleut, et nous commençons à faire la queue. Tom me prévient, il arrivera vers 19h30 (ô joie), et je regrette sérieusement de ne pas avoir pensé à lui donner sa place plus tôt. A 19h, les portes s'ouvrent, et il pleut. A 19h30, mon groupe entre dans Bercy, il pleut, pas de nouvelles de Tom (ou plutôt des nouvelles pas très rassurantes). A 20h, début de la première partie (raaaaah), il pleut toujours et toujours pas de Tom. Enfin, miracle, le susnommé arrive essouflé peu avant 20h15, on court, on récupère les deux places que Sylve a vaillamment défendu en notre honneur, et on se pose, le tout dans un joyeux bordel entre bises aux connaissances, tentatives de séchage, spots en pleine figure et décibels à fond.
La première partie est assurée par Combichrist, groupe norvégien (je savais bien que ces gens parlaient trop bien anglais pour être de l'Est), et dont la musique est... je dirais de la dark électro très bourrine : deux batteurs (si, si !), un clavier et un chanteur. Pas de guitare, ni de basse. Le rendu est assez spécial, même si j'ai bien aimé quelques chansons (Blutluya, notamment), mais je me vois plus danser là-dessus que chantonner ça sous ma douche, je le reconnais.
Les lumières se rallument, j'essaie désespérement de me réchauffer, engloutis un demi paquet de gâteaux, continue à dire bonjour... Nous sommes extrêmement bien placés : dans les gradins, face à la scène. Certes, c'est loin, mais la vue est imprenable.
Le concert commence et là... Un chalumeau découpe une porte en forme de cercueil dans le décor, les membres du groupe entrent (remarquez le magnifique tablier de boucher en cuir rouge du chanteur)... c'est l'hystérie dès les premières notes de Rammlied. On enchaîne avec d'autres chansons du nouvel album, que j'ai du mal à identifier (je n'ai récupéré les titres que 24h auparavant). Bien sagement, je garde mes bouchons d'oreille, j'ai trop peur d'avoir des acouphènes.
Sauf que. Feuer frei ! commence, et là, aucun moyen de garder des protections qui m'obligeront à m'entendre hurler (faux) en choeur, et à rater le meilleur de la chanson. Premiers gros effets pyrotechniques, explosions sur "Bang ! Bang !", cris... Y'a pas à dire, ça défoule. Mais je ne suis pas encore complètement folle, je remets mes protections dès la fin du titre.
Trois chansons plus tard, commence celle du nouvel album que je préfère, Frühling in Paris. Une telle chanson à Bercy, forcément, ça met l'ambiance. Au diable mes bonnes résolutions, je chante (toujours aussi faux) avec tout le monde, dans un allemand quelquefois approximatif, mais avec quel bonheur ! Les titres s'enchaînent avec régularité, déclenchant une véritable hystérie sur certains "golds" - Links, Du hast - et sur la chanson phare du nouvel album, Pussy (la fameuse chanson censurée, sans parler du clip...).
Le groupe sort alors les gros lance-flammes. Du fond de Bercy (gradin face à la scène), nous avons pu sentir les vagues de chaleur à chaque "tir". Je n'ose même pas imaginer comment ça se passe dans la fosse (laquelle est d'ailleurs séparée en deux pour éviter une trop grosse bousculade). Sur Benzin, le chanteur utilise une pompe à essence pour déclencher les flammes. Plus tard sur Engel, ce seront des ailes géantes en métal.
Mais c'est déjà la fin, dans une pluie de paillettes (ou de ce que j'ai identifié comme tel). Premier départ, le public hurle pour un rappel, le sol tremble à force d'être martelé... Ils reviennent et entonnent Sonne, ma chanson préférée de toute leur discographie. Je suis comblée, car celle-ci ayant tout de même plus de dix ans, c'était pas gagné de l'entendre en live. On enchaîne avec Ich will, où le public répond avec autant de force que sur le titre studio. Il faut dire que la chanson est calibrée pour : "Kann sie mir hören ? Wir hören dich !" etc. Un troisième titre, et les artistes repartent. Ca sent la fin, mais la lumière ne se rallume pas.

Ultime retour, et ultime chanson, Engel. La mélodie de celle-ci étant appuyée tout du long par un sifflement (mélodieux, hein, le bruit de quelqu'un qui siffle) aigu, je décide de reprendre mes bouchons d'oreille pour plus de sécurité. Comme je l'ai dit plus haut, les ailes se mettent à cracher du feu, puis le clavier accomplit son rituel de concert : assis dans un canot pneumatique, il parcourt la salle porté par les spectateurs de la fosse, tout en brandissant un drapeau français. Incroyable mais vrai, il en ressort indemne.
Cette fois c'est vraiment fini. Nous reprenons doucement nos esprits et regagnons la sortie, des étoiles plein les yeux (et quelques sifflements dans les oreilles). C'était un vrai spectacle, dans tous les sens du terme, presque frustrant quand on sait que le groupe ne peut pas sortir tous ses tours pyrotechniques car il s'agissait d'une salle couverte.
07 décembre 2009
Concert au Val-de-Grâce
Dimanche après-midi donc, après la séance ciné foireuse, nous étions attendus à la chapelle de l'hôpital du Val-de-Grâce pour un concert donné par deux connaissances des caves. Pascale Mélis, organiste, et Emmanuel Plard, flûtiste et chanteur, nous ont proposé un programme très varié dans le cadre de la saison d'orgue organisée en ces lieux.
Le concert comprenait des pièces médiévales - une évidence, en quelque sorte - dont une très belle interprétation d'un air du XIIIème siècle en ouverture. L'acoustique de la chapelle est remarquable quand on mêle orgue et voix. Les périodes et les genres se sont succédés, allant du sacré au profane, du médiéval au contemporain, le tout arrangé, non par période ou par thème, mais par harmonies musicales (si je puis dire). L'Anglais et moi avons beaucoup apprécié, de même que le public visiblement conquis.
09 septembre 2009
Gentry de Paris Revue
Hier soir, l'Anglais et moi avons eu la chance d'aller assister à la revue burlesque de Gentry de Paris, avec Dita von Teese dans le rôle principal. Si j'étais très enthousiaste, je dois avouer que mon cher et tendre y allait un peu à reculons, persuadé de devoir passer deux heures sur une chaise à regarder des filles en petite tenue.
En réalité, le spectacle est entièrement conçu comme une revue de cabaret : aux numéros d'effeuillage attendus, s'ajoutent des moments de chant, de danse, de magie... le tout dans la grande tradition des revues des années 30 à 50. Parmi les moments les plus marquants, j'ai adoré la parodie du très célèbre numéro de Joséphine Baker et sa ceinture de bananes réalisée par un homme, ou les difficiles tentatives d'un personnage d'imiter les effeuilleuses sans y parvenir réellement.
Bien entendu, le moment le plus attendu - surtout par mon voisin, qui a eu la bonté de hurler sa joie dans mes oreilles comme un adolescent en chaleur - fut celui des performances de Dita von Teese. D'abord le fameux numéro dans le verre géant (très physique, en réalité), puis celui de la fumerie d'opium, jamais présenté en Europe. Je sens que je vais me faire jeter des pierres mais tant pis : ce n'est pas la partie que j'ai préférée. Certes les numéros sont remarquables de précision, de maîtrise, de professionnalisme, mais j'ai moins "senti" de choses que lors d'autres performances.

Car il ne faut pas oublier les deux autres artistes de la soirée : Millicent Binks et Julietta La Doll. La première, vêtue en fleur, ôte ses pétales avec grâce (même quand les bas glissent mal), tandis que la seconde offre un véritable numéro hollywoodien en ouverture.
Quoiqu'il en soit, cette soirée a représenté deux heures d'évasion dans une rentrée un peu difficile, beaucoup de bonheur, de rire, de paillettes, et de nombreux artistes excellents et heureux d'être là.
13 mai 2009
Bonté divine !
Hier soir, nous sommes allés au théâtre avec Sylve voir Bonté divine à la Gaîté Montparnasse. Lors de rencontres inter-religieuses, un prêtre, un imam, un rabbin et un moine bouddhiste se retrouvent coincés dans les bâtiments. Ce coup du sort est alors propice à l'échange d'idées, de plaisanteries et de doutes sur la religion en général.
Les acteurs, emmenés par Roland Giraud, sont tous excellents. Le propos est juste, les répliques enlevées, on rit, on frémit, on s'interroge... Le principe du huis clos est intéressant et bien exploité.
Je ne peux que vous conseiller d'aller voir cette pièce !
10 avril 2009
Elvis Perkins in Dearland
A l'origine, je voulais faire cet article avant de partir en Suède, mais je n'en ai pas eu le temps. Jeudi de la semaine dernière, les parents de l'Anglais nous avaient invités au concert d'Elvis Perkins, accompagné de son groupe, venus défendre leur nouvel album à la Maroquinerie.
La première partie était... mauvaise ? insignifiante ? catastrophique ? Pas bonne en tout cas (le groupe s'appelait La Féline) : la chanteuse, faussement ingénue mais franchement coconne ("On a auto-produit notre album... ça veut dire qu'on l'a réalisé nous-mêmes." Ben voyons), la musique déjà entendue, les paroles tellement mal prononcées que nous étions incapables de dire s'il s'agissait de français ou d'anglais...
C'était sans doute le prix à payer pour pouvoir assister à un excellent concert. L'alchimie entre les musiciens est évidente. Tous sont doués, jouent de plusieurs instruments (guitare et harmonica, batterie et harmonica, basse et contrebasse, guitare, harmonium et trombonne...), et sont clairement là pour s'amuser.
Les chansons alternent entre émotion poignante - notamment quand Elvis, qui a perdu sa mère le 11 septembre, évoque le souvenir de ses parents - et grands moments de joie - la reprise d'un gospell de manière très sérieuse jusqu'au dénouement... joyeusement bordélique. La salle, bondée, est conquise, applaudit à tout rompre et parvient à obtenir trois rappels !
En tout cas, cela m'a donné l'occasion de mieux connaître ce chanteur que je n'avais entendu que dans la voiture, et je vous invite à en faire autant.
12 octobre 2008
Fallenfest
Samedi soir avait lieu Fallenfest, un tremplin musical dédié au rock, et auquel le groupe de l'Anglais participait. Le but n'était pas tant de gagner - vu que le vote se fait à main levée, la plupart des gens votent pour leurs amis, et pas pour les autres groupes - que de tester le groupe en live pour la première fois.
La soirée avait lieu au bout du monde - à Saint-Ouen pour être précis - et comptait une quarantaine de spectateurs pour sept groupes. Le premier, Novocaine, était euh... classique : du rock, des guitares et j'ai rien compris aux paroles. Sérieusement. Le chanteur a passé tout le set la bouche collée à son micro. Tout juste ai-je reconnu que c'était de l'anglais.
Puis venait la Queue du Lézard - pour plus de renseignements, allez voir leur page - seul groupe à ne chanter qu'en français. Les chansons sonnent bien mieux en live que sur les sessions studios, l'énergie sur scène est franche, même si cela reste perfectible. Alors que seuls 4 votes leur étaient acquis dans la salle, ils ont remporté 22 suffrages.
Je n'ai pas assisté au troisième concert, Leynah, pour cause de retour dans les loges, juste entendu leur dernière chanson. Petit groupe sans prétention, mais c'est une bande d'ados avec des groupies hystériques, moi j'ai passé l'âge.
Session suivante avec Knock me out, d'inspiration punk californien. Ca bouge bien, la chanteuse a pas mal de présence, même si elle ne bouge quasiment pas de sa place de tout le concert. Des faux airs de Superbus quand elle chante en français, et quelques riffs qui rappellent beaucoup Blink 182. Malheureusement, on sent que l'entente cordiale n'est que de façade et que le batteur et le bassiste ont un peu de mal à s'encadrer.
Alors que les garçons sont remontés tagger les murs des loges - tradition du Capitol Studio - je discute avec des connaissances des caves - décidément, le monde est tout petit - et rate la prestation de Veenasheen. Alors que la fraîcheur nous rapatrie lentement mais sûrement vers la salle de concert, nous entendons les titres de Aeris se succéder et assistons aux deux dernières chansons. A mes yeux, il s'agissait du meilleur groupe ce soir : un très bon son, l'originalité d'un clavier, et des musiciens visiblement heureux d'être là. Malheureusement, ils étaient venus de Lille, avec des amis certes, mais pas assez pour être qualifiés pour la session suivante. La soirée s'achève - avec plus d'une heure de retard ! avec le groupe Abhcam, groupe de métal à voix féminine. Un tel programme devrait me plaire, et pourtant, je ne peux m'empêcher de penser que la chanteuse n'a rien à faire là : robe noire et bottes à talons style cow-girl, voix de variété française plus que métalleuse gothique... Mais musicalement, il n'y a rien à dire, et les musiciens sont tout de même très bons.
La soirée s'achève par le démontage et le remballage du matériel, un shi-fu-mi perdu par l'Anglais pour "Qui rentre à la maison en voiture ?" et une soupe miso à 3h du mat'.
05 juillet 2008
Mika & guests
Vendredi soir, grâce au désistement de la reine mère, j'ai pu emmener Imihel au Parc des princes voir Mika. Et Yelle. Et Panic! at the disco. Et puis Dionysos, aussi. Passé cet inventaire à la Prévert, voici le résumé des évènements.
Yelle entame les hostilités, alors que le stade continue à se remplir - de nombreuses places sont encore vacantes, même si le concert est complet depuis pas mal de temps. Chose incroyable pour ce genre de spectacle, on commence... avec 10 mn d'avance ! Yelle, j'avoue que je connais mal, et j'ai pas mal de préventions. Mais ça bouge bien, la chanteuse est radieuse, ravie d'être là et nous le fait partager. Bon, on n'aime ou on n'aime pas, personnellement, j'aime bien mais sans plus. Le fait marquant de la soirée sera le look improbable (mais c'est aussi pour ça qu'elle est connue) : robe à lamé multicolore, anorak bleu électrique et doré et baskets orange fluo à semelles compensées, dignes des plus grandes soirées Dance Machine.
On enchaîne très vite avec le groupe Panic! at the disco, que m'avait fait découvrir un de mes élèves l'été dernier. Ils interprètent des morceaux de leur dernier album... celui que je n'ai pas. La musique est bonne, le guitariste a l'air d'un ado (mais il est pas mal). Cependant, le courant passe moins bien avec l'assistance, vu qu'ils ne parlent pas un mot de français et que les Français comprennent bien mal l'anglais. Quoiqu'il en soit, c'est pour moi un moment réjouissant, et je tombe des nues en apprenant qu'ils sont américains et non britanniques comme je l'ai toujours cru. Renseignements pris, ils sont de Vegas. Comme quoi, la ville du jeu peut receler des trésors cachés.
Cela fait maintenant une heure et demie que le concert a commencé et le public commence à être compact, surtout dans la fosse. Les places autour de nous se remplissent lentement mais sûrement. Dionysos entre alors en scène pour une heure. Le décor est clairement inspiré de leur dernier album, la mécanique du coeur, avec vieilles horloges et inspiration burtonienne. Les musiciens entrent d'ailleurs quand les aiguilles des horloges se mettent à remonter le temps. On commence avec les premiers titres du nouvel album - celui-ci racontant une histoire, il est difficile d'interpréter les morceaux dans le désordre - et la "naissance" du héros au coeur d'horloge. Les musiciens et interprètes sont tous excellents, l'énergie dégagée sur scène impressionnante : tous sautent, bougent...
Le chanteur tente même deux slams - comme sur la photo - dont le second lui permet de traverser près de la moitié du stade, du proscenium à la régie son, aller-retour. Quand le groupe entonne Song for a jedi, tout le monde reprend en coeur, mais c'est pas simple, vu que l'orchestration et les respirations ont été modifiées. Le temps passe à une allure folle et c'est déjà la fin, avec Andalusia, et une très très trèèès longue outro, pendant laquelle tous se rapprochent du public.
L'ambiance est à son comble, il reste une demi-heure à patienter, le temps de dégager la scène et le décor du show de Mika - qui déborde largement des tentures noires posées devant. Le stade se met à scander Mi-ka Mi-ka, avant d'attaquer une série de holas. C'est ce moment précis que choisit Rofessa pour m'appeler, mais nous en reparlerons plus tard.
Le stade est plein comme un oeuf quand commence le spectacle : un décor de tête de clown, des artistes de cirque - acrobates, clown, équilibristes - pour une intro de plusieurs minutes. Mika apparaît enfin, et commence le concert avec Relax (take it easy), repris en choeur par le public. Il en sera de même pour tous les titres interprétés ce soir. Tout s'enchaîne à merveille, la mise en scène est colorée, joyeuse, avec de filles court vêtues mais de manière décalée, notamment sur Big girls you are beautiful.
Mika s'adresse à son public dans un français parfait, fait des plaisanteries et nous avoue même à un moment être en train de perdre son pantalon ("mais je continue !"). Nous entendons toutes les chansons de l'album et deux nouveaux titres, dont une très belle chanson acoustique, Rain. Quand commence Happy ending, je ne peux m'empêcher de craquer... tout en laissant Imihel en plein trip à côté. :D
Le final approche, sur scène c'est une débauche de couleurs, de sons, d'images... Au premier rappel, Mika reprend Grace Kelly et Relax, puis, disparaît et laisse le stade plongé dans le noir. Nous assistons alors à un spectacle d'ombres chinoises assez particulier. Enfin, le tout dernier rappel fait place à Mika, seul à son piano, au bout du proscenium, qui nous fait chanter Grace Kelly en français.
C'est déjà fini... Alors que je tombais de fatigue en arrivant, j'ai la pêche et beaucoup d'enthousiasme. Un grand moment qui m'a bien aéré la tête.
10 avril 2008
Mark Knopfler à Bercy
Hier soir, l'Anglais et moi avons eu l'occasion d'aller entendre Mark Knopfler, ancien guitariste du groupe Dire Straits, en concert à Bercy. Un tel choix de notre part peut sembler surprenant compte tenu de nos âges, mais en réalité, l'Anglais est un grand fan de l'artiste et ces places nous ont été données par ses parents retenus à Orléans. Pour ma part, c'était surtout l'occasion de découvrir un artiste que je connaissais mal et dont j'avais beaucoup entendu parlé.
Après une première partie fort sympathique - un duo de guitares assez blues - l'homme entre et la salle est debout. Bon, Bercy c'est grand et nous sommes installés très haut, la mise en scène est old school c'est-à-dire sans écran, donc on ne le voit pas beaucoup, mais quà cela ne tienne, l'ambiance est là. Entouré de six instrumentistes talentueux et polyvalents, Knopfler assure le spectacle, alternant anciens morceaux et compositions récentes, presque tous agrémentés de longs solos de guitare, parfois d'autres instruments.
Le public, littéralement transporté, est comblé lors du rappel : 30 minutes de musique avec des classiques et des improvisations solo ou de l'ensemble des musiciens.
Un réelle découverte pour moi, malgré un bémol : l'acoustique du POPB est définitivement mauvaise. Sur les chansons les plus douces, on entend clairement un écho qui gâche quelque peu le morceau. Un concert dans une salle plus petite ou avec une meilleure acoustique aurait sans doute été plus agréable.
08 mars 2008
Bérénice
Hier, soirée théâtre aux Bouffes du Nord avec l'Anglais. Au programme, Bérénice, de Racine, classique parmi les classiques et chef-d'oeuvre (à mes yeux) de la littérature du XVIIème siècle. Le théâtre des Bouffes du Nord est un lieu superbe, avec des colonnades, un décor en pierre et mosaïque de marbre, une coupole en fer forgé aux motifs de lyre... et les sièges sont plutôt confortables ! Seule ombre au tableau : nous sommes cernés, à gauche par un groupe de scolaires, à droite par un couple de personnes âgées atteintes de bronchite.
Bérénice, c'est une histoire d'amour contrariée entre Titus, nouvel empereur de Rome, et Bérénice, reine de Judée. Tous deux doivent se marier, mais la loi romaine interdit à l'empereur d'épouser une étrangère, qui plus est reine. Titus prend donc la décision douloureuse de la renvoyer dans son royaume sans l'épouser, ce qui provoque un torrent de larmes et de protestations. Un troisième personnage, Antiochus, roi de Commagène, est amoureux de Bérénice sans retour et ne sait s'il doit se réjouir ou s'atterrer de la mauvaise fortune de celle-ci. Tous trois finissent néanmoins par se soumettre à la raison politique, et se séparent définitivement.
La pièce, mise en scène par Lambert Wilson, est empreinte de la majesté et de la gravité qui seyent au sujet, mais paraît parfois trop froide. L'introduction, muette, permet de souligner l'angle sous lequel la pièce est présentée : le rapport de Titus au pouvoir et le fait que la dignité impériale n'accepte aucune autre passion.
Carole Bouquet et Lambert Wilson sont de bons acteurs, mais leur interprétation est trop froide, académique, les alexandrins ne parviennent pas à nous toucher. La lenteur dont ils font (un peu trop) usage quand ils sont face à face alourdit malheureusement la tension dramatique.
En revanche, l'interprète d'Antiochus est remarquable : il parvient, malgré les vers, malgré les quelques lourdeurs scéniques, à faire passer une émotion puissante. Son personnage est littéralement submergé par l'amour, la jalousie et la colère, et nous avec. Au cours de son premier monologue, qui est une exposition de ses sentiments pour Bérénice, de ses hésitations à la voir et à lui parler, et une admonestation à la raison, il lance un "Eh quoi !" qui trahit d'un seul coup toutes les passions rentrées du personnage. Son partenaire qui interpète Arsace (confident d'Antiochus) est également très bon, jouant tout en finesse la rouerie du personnage.
Enfin, une mention spéciale à Georges Wilson (le père de), qui, malgré son grand âge (plus de 80 ans), joue avec talent Paulin, conseiller de Titus. Sa présence sur scène est incroyable : bien qu'assis et presque immobile, face à un Titus toujours hésitant, il attire toute l'attention. Il parvient en outre à intégrer dans son jeu la canne avec laquelle il est forcé de se déplacer.
Malgré ses faiblesses, cette pièce est remarquable et je vous invite fortement à aller la voir. Cependant, l'importance du casting rend les réservations assez difficiles. Racine reste un auteur intemporel, si tant est qu'on sache l'adapter au goût de l'époque.
27 janvier 2008
One night of Queen
Pour Noël, la soeur de l'Anglais nous avait offert des places pour aller voir One night of Queen, spectacle hommage à ce groupe que nous aimons tant, interprété par Gary Mullen et The Works. Prudents, car il s'agissait de places en fosse, nous nous présentons une heure avant le spectacle et trouvons des places... au premier rang, devant le bassiste.
La salle est bondée, mais la moyenne d'âge approche les 50 ans, avec 90% de places assises : l'ambiance s'annonce assez molle... Le spectacle s'ouvre sur Tie your mother down, Seven seas of Rhye et Tear it up, des succès plus britanniques qu'internationaux. Le public est très peu réactif, à part quelques fans qui connaissent tous les titres par coeur (dont un certain Anglais que je ne citerai pas). Le chanteur, Gary Mullen, parvient, à force de prouesses vocales et d'acrobaties dignes d'un Freddie Mercury dans ses meilleurs moments à Wembley, à réchauffer l'atmosphère, en particulier à partir de Under Pressure puis de Another one bites the dust. Il parvient même, sur Now I'm here, à faire se lever la salle et bouger la fosse, alors qu'il parle à peine le français - notons au passage les multiples allusions au Gai Paris, mythe bien ancré dans l'imaginaire anglo-saxon. Malheureusement, l'entracte survient, et nous angoissons un peu en songeant que l'ambiance aura bien le temps de redescendre.
La deuxième partie s'ouvre sur One vision, ce qui heureusement relance la ferveur du public. Les titres s'enchaînent, le délire commence sur Bohemian Rhapsody puis Don't stop me now - chanson très évocatrice pour l'Anglais et moi, car elle nous rappelle certain voyage en voiture vers le Jura... Le rappel se fait, comme à Wembley, sur We will rock you, Friends will be friends et We are the champions, et la foule se lâche enfin, tape dans les mains, danse. Il était temps !
Les interprètes, qu'il s'agisse du chanteur, vivante incarnation - peut-être trop poussée - de Freddie Mercury, ou des musiciens, sont talentueux, enthousiastes, et prennent visiblement plaisir à faire revivre Queen et assurer le show. Un bon spectacle, qui valait bien les courbatures aux bras après tant d'applaudissements.
