04 septembre 2009
Le Portrait
Une fois n'est pas coutume, je parle beaucoup de livres. Mais que voulez-vous, c'est les vacances, je ne peux pas avoir que des choses intéressantes à dire, alors je laisse parler les autres
Dans son roman publié il y a bientôt deux ans, Pierre Assouline a pris le parti de raconter l'histoire d'un tableau... par lui-même. Même si j'ai beaucoup apprécié cette optique et la manière d'envisager le récit, je ne me suis pas précipitée sur le roman, de peur d'être déçue comme cela m'arrive très souvent avec les auteurs contemporains (que voulez-vous, en matière de littérature, je peux être très réac). Toujours est-il que j'ai été très agréablement surprise.
L'auteur semble s'effacer complètement, comme pour recueillir les impressions d'une personne, en l'occurrence le portrait de Betty de Rotschild, épouse de James de Rothschild, qui implanta la fameuse banque en France. Le tableau, peint par Ingres, représente une femme de la très haute société du second empire, et c'est ainsi que l' "héroïne" s'exprime.
De la bourgeoisie juive parisienne et de ses usages, à la "déportation" des tableaux et la spoliation des Juifs pendant la seconde guerre mondiale, en passant par les usages et les moeurs sous Napoléon III, les opinions royalistes du personnage ou les explications sur le système bancaire, le roman saute de sujet en sujet, comme une conversation à bâtons rompus. C'est tout ce qui fait le charme de l'ouvrage, car on a vraiment l'impression que c'est à nous que la baronne s'adresse. La langue est belle, maîtrisée, concise sans être sèche. Un très joli moment d'histoire et de peinture.
21 août 2009
Anita Blake, tueuse de vampires
Avant de partir en vacances, et comme je ne suis pas sûre d'avoir le net d'ici la fin de la semaine prochaine, une petite critique littéraire pour se détendre.
Aux Etats-Unis, une loi a fini par reconnaître l'existence des vampires, zombies et autres loup-garous, leur accordant ainsi des droits civiques et la possibilité de vivre publiquement. Anita Blake a un don pour relever les morts, ce qui est parfois bien pratique pour trancher les questions d'héritage ou d'adultère, mais sa vraie passion, c'est tuer des vampires.
Tout va plus ou moins pour le mieux dans sa vie, jusqu'au jour où les vampires eux-mêmes viennent la trouver pour qu'elle puisse enquêter sur la mort de certains d'entre eux...
Récit à la première personne, Plaisirs coupables est le premier tome des aventures de la tueuse de vampires. Dans un style à la fois drôle et familier, le personnage nous entraîne dans son sillage avec beaucoup de franchise (elle passe son temps à dire qu'elle a la trouille) et d'humour acide. On explore un monde où les vampires tiennent des clubs de strip-tease et où les loup-garous sont pigistes pour des feuilles de chou, et c'est assez dépaysant.
Personnellement, j'ai bien aimé ce roman, même si je regrette d'avoir pu deviner la fin 50 pages avant le dénouement. Si l'on passe également sur les clichés en matière de vampirisme (un vampire français du nom de Jean-Claude... si c'est pas malheureux), c'est une lecture très divertissante, parfaite pour se détendre. Je reviendrai vous dire si j'ai apprécié le deuxième volume, que j'ai mis dans ma valise.
06 juillet 2009
Intrigue à l'anglaise, Intrigue à Versailles
Une petite chronique livre pour changer... Récemment, j'ai découvert deux romans d'Adrien Goetz, qui mettent en scène les aventures d'une conservatrice de musée, répondant au doux nom de Pénélope. Le premier volet la voit résoudre les mystères de la tapisserie de Bayeux, et la seconde lui permettra d'éclaircir les rapports entre Versailles et le jansénisme.
Outre des personnages attachants - Pénélope, mais aussi son fiancé Wandrille, et quelques croustillants personnages secondaires - l'attrait de ces romans réside dans l'atmosphère "envers du décor" qu'insuffle l'auteur. On est projeté dans les petites querelles entre conservateurs, les difficultés pour avoir accès aux collections, les concours et l'école du Louvre... Presque un lvire pour chartistes, en somme !
J'ai également beaucoup apprécié les multiples détails sur les oeuvres, les lieux, les fausses vérités connues de tous et l'acharnement de l'auteur à nous révéler les petits secrets des grandes oeuvres. Enfin, d'un point de vue beaucoup plus personnel, j'ai adoré me replonger dans Versailles, ses jardins, sa ville, que le roman évoque remarquablement bien, ce qui m'a permis de retrouver mes impressions de visiteuse et d'habitante, mais aussi mes souvenirs d'agent d'accueil.
20 mai 2009
Lancelot du Lac
A coup sûr, Lancelot est le personnage le plus connu de tout le cycle arthurien. Enlevé à sa mère après la mort de son père le roi Ban, il fut élevé par la Dame du Lac, en compagnie de ses cousins Lionel et Bohors. A l'âge d'homme, il est fait chevalier et devient le plus brave et le plus vaillant de tous, surpassant même Gauvain, et objet de l'admiration de chacun.
Il est l'image du parfait chevalier : intraitable avec ses ennemis mais sachant faire grâce, toujours protecteur des faibles et défenseur de la justice gagnant les duels judiciaires, bon chrétien et parfaitement dévoué à sa dame. Car l'histoire de Lancelot est indissociable de celle de son amour pour la reine Guenièvre, en ce qu'il constitue sa raison d'agir et d'être.
Souvent moqué ou tourné en dérision dans les divertissements récents (cf. les Monty Pythons : "Lancelot, are-you gay ?" ; ou tout simplement Kaamelott), c'est en réalité un personnage complexe, souvent "coincé" entre sa foi de chevalier et sa foi d'amant, son honneur et son amour.
Le roman n'est pas celui de Chrétien de Troyes, mais celui, en prose, d'un auteur anonyme du début du XIIIème siècle. L'histoire commence avec la mort du roi Ban et la substitution de Lancelot, jusqu'à l'épisode dit "de la fausse Guenièvre". Outre les qualités narratives du roman, qui intercale de nombreux épisodes et personnages annexes, c'est un témoignage remarquable des moeurs et modes de pensée de l'époque. Encore aujourd'hui, il sert de référent en matière de droit coutumier féodal.
Certes, on peut trouver que les scènes de bataille et de joute se suivent et se ressemblent, que le roi Arthur est quand même un peu idiot, qu'il y a toujours des demoiselles qui se promènent seules dans la forêt, mais cela reste une lecture agréable et divertissante.
13 mars 2009
Millénium
Souvenez-vous, au début de l'hiver, je mentionnais que j'étais en train de lire la série Millénium de Stieg Larsson. C'est désormais chose faite, j'ai terminé le dernier tome hier soir.
Mikael Blomqvist est journaliste à la revue Millenium, spécialisée dans les affaires économiques - et notamment l'argent véreux. Suite à un scandale et une condamnation, il est forcé de se mettre au vert, et accepte l'offre du milliardaire Henrik Vanger qui lui demande de retrouver une jeune fille disparue depuis plus de trente ans... D'abord seul, Mikael est ensuite aidé de Lisbeth Salander, une jeune femme perturbée aux talents innombrables.
Il s'agit du synopsis du premier tome, et je n'en dirai pas plus car ce serait dévoiler l'intrigue, passionnante et dense. Le roman est fouillé, méthodique et en même temps beaucoup plus noir qu'on ne pourrait le penser au début.
Les deux tomes suivants m'ont semblé moins bons, peut-être trop "énormes", trop dans la dénonciation de l'Etat suédois que le premier. Néanmoins, et malgré des maladresses de traduction, ils se lisent avec plaisir et sans qu'on puisse les lâcher avant la fin.
Point d'orgue à tout cela : l'Anglais et moi partons à Stockholm le mois prochain, ce qui me permettra de le traîner dans un Millenium Tour dans les rues de la ville... Et peut-être, qui sait, d'aller voir le film en VO non sous-titré en attendant sa sortie en mai.
22 février 2009
Péchés mignons
Puisque mon précédent post a provoqué les moqueries de Zaria parce qu'il était trop "fifille", le sujet du jour le réconciliera, j'en suis sûre, avec mon blog.
Il ne s'agit pas de livre cette fois-ci, mais d'une bande dessinée, réalisée par Arthur de Pins, que l'on a pu découvrir sur le site Mon beau sapin ou sur les couvertures de la collection "Osez...".
Péchés mignons raconte les aventures d'Arthur, double de l'auteur, et ses tentatives plus ou moins réussies de séduire la gent féminine et surtout, de s'envoyer en l'air. Le personnage n'est jamais en panne d'imagination, un rien le stimule, d'autant qu'il est entouré de jolies filles en permanence.
Il est clair que l'auteur aime les femmes, à tous points de vue. C'est drôle, c'est pertinent, c'est sexy, et on regrette qu'il n'existe que trois tomes pour le moment. De plus, la BD réalise le tour de force de présenter le point de vue des hommes dans les deux premiers volumes, par l'intermédiaire du personnage d'Arthur, alors que le dernier aborde la question vue par les femmes. A découvrir d'urgence.

Toutes les images sont la propriété d'Arthur de Pins
11 février 2009
Les Rougon-Macquart
Depuis le temps que je parle de Zola, vous aurez sans doute compris à quel point je vénère cet auteur et son oeuvre, qui est, parfois, encore criante de vérité, ou tout simplement un témoignage remarquable d'une époque. La série est enfin achevée, j'ai terminé Le Docteur Pascal, vingtième et dernier tome, aujourd'hui, et je me sens un peu orpheline... Du coup, je vais vous faire un petit récapitulatif.
La Fortune des Rougon
Le mythe fondateur de la série, ou comment les parents Pierre et Félicité Rougon gagnent leurs galons de "bons citoyens" en sauvant leur ville de Plassans de la "folie révolutionnaire et républicaine" et soutenant le Second Empire.
Un bon roman, même s'il n'est pas, de loin, le meilleur de la série. Illustration des idées politiques de Zola.
La Curée
Aristide Rougon, dit Saccard, brasseur d'affaires, profite de la folie spéculative sur les terrains lors du réaménagement de Paris par Haussmann, et tolère l'inceste sous son toit pour disposer plus facilement de la fortune de sa femme.
L'argent corrompt tout, pousse à toutes les tolérances... Je garde néanmoins de ce roman une image de demi-jour et de secrets d'alcôve.
Le Ventre de Paris
Les halles centrales, le coeur de Paris et son estomac. L'éternel combat entre les "maigres" - symbolisés par l'artiste et par le révolutionnaire - et les "gras" - les boutiquiers en place, spécialisés dans la nourriture - qui s'achève par la victoire sur les affamés.
Un magnifique roman, aux descriptions très vivantes et saisissantes. Les personnages s'effacent devant le monument des halles, véritable héros de l'histoire. Un de mes préférés.
La Conquête de Plassans
Après la conquête de la ville par les armes, les Rougon entreprennent de conquérir les âmes. L'arrivée d'un nouvel abbé dans la ville et dans la famille de Marthe Rougon et François Mouret, et ses conséquences.
Un roman assez étrange quand on ne connaît pas le sentiment religieux en France au XIXème siècle. Avant la séparation de l'Eglise et de l'Etat, un exemple de ferveur tournée peu à peu en folie et en hystérie collective.
La Faute de l'abbé Mouret
Serge, fils des héros du précédent tome, a été durablement influencé par la ferveur religieuse de sa maison pour prendre l'habit. Son caractère le pousse à l'ascèse et à la mystique, dans une paroisse désolée dans le Sud de la France. Suite à un accident, il rencontre Albine au Paradou, allégorie d'Eve et du jardin d'Eden.
Ascétique puis luxuriant à l'image de la nature qui entoure les héros, ce roman est vraiment magnifique. La parenthèse du Paradou est comme une oasis au milieu des pages. On retrouve des thèmes chers à Zola, et en particulier le rôle de la femme dans la détermination et l'évolution de l'homme.
Son Excellence Eugène Rougon
La conquête du pouvoir politique au plus haut de l'empire, ses sommets et ses turpitudes. Eugène Rougon sur le point de perdre son pouvoir pour dominer une femme.
Ce n'est pas le roman le plus marquant de la série, selon moi... Mais peut-être s'agit-il d'un goût personnel assez peu prononcé pour les intrigues politiques du Second Empire.
L'Assomoir
Comment Gervaise Macquart, blanchisseuse, et son époux Coupeau, tombent peu à peu dans l'alcoolisme, et les ravages de celui-ci sur leur ménage, leurs enfants et leur vie tout entière. Les efforts désespérés d'un couple d'ouvriers parisiens pour se faire une vie à l'aise, pour être heureux, et la ruine de tout par l'alcool.
C'est un de mes préférés... La vision de l'alcoolique est certes très désuète, celle de l'habitant des faubourgs ouvriers, tenté par les camarades ou "contaminé" par le milieu. Un roman couronné par une scène superbe de banquet, qui tient symboliquement le centre du livre, et que FBS et moi avons toujours rêvé de reconstituer.
Une page d'amour
Les amours interdites entre un médecin et une jeune veuve, mère d'une petite fille. Une histoire d'amour passionné à tous points de vue, que ce soit entre les protagonistes adultes, ou l'amour fou de la fille pour sa mère.
Il faut bien remarquer que ce livre est un peu dérangeant, de par le personnage de la petite fille. Néanmoins, c'est une histoire de la bourgeoisie parisienne, et surtout de ses enfants, dont on suit les travaux et les plaisirs avec envie - qui n'a jamais rêvé d'un tel goûter d'anniversaire ou d'un tel bal costumé ?
Nana
Anna dite Nana, fille de Gervaise et de Coupeau, influencée par son milieu alcoolique et "vicieux" (je cite Zola), devient l'une des demi-mondaines les plus en vue de l'Empire. On suit son ascension dans les milieux les favorisés du régime, et sa chute, quand elle retombe au ruisseau.
Nana, la croqueuse d'hommes, l'idole du régime, qui tombe juste avant lui. Une des images les plus marquantes du Second Empire, et, à mes yeux, l'un des meilleurs romans de Zola.
Pot-Bouille
Octave Mouret, second fils de Marthe et François, héros de la Conquête de Plassans, arrive à Paris en conquérant, bien décidé à dominer la ville. Il découvre les turpitudes de la vie bourgeoise et comprend que c'est en exploitant les femmes qu'il arrivera à ses fins.
Bien moins connu que le roman suivant qui suit le même héros quelques années plus tard, Pot Bouille est une peinture saisissante de la petite bourgeoisie parisienne des boutiquiers. On suit avec ironie la course à l'époux, la nécessité de sauvegarder les apparences à tout prix et les petits arrangements avec la conscience.
Au Bonheur des Dames
Après la mort de sa femme, Octave Mouret est devenu le roi de Paris, régnant sur les femmes et leurs désirs grâce à son grand magasin du Bonheur des Dames. L'arrivée de Denise, une jeune provinciale qui entre chez lui comme vendeuse, bouleverse ses croyances et sa volonté d'exploiter les femmes.
Le roman de mon adolescence... Les descriptions foisonnantes du grand magasin selon les temps forts - le blanc, l'inventaire... - de la vie des vendeuses et des boutiquiers, le débat (déjà !) sur la mort du petit commerce face au magasin, l'histoire entre les deux protagonistes... tout contribue à faire de ce roman un chef-d'oeuvre. Ce n'est peut-être pas le meilleur ouvrage de Zola, sans doute à cause de la dimension trop morale qu'il veut donner à son roman parfois, mais c'est un des plus agréables à lire.
La Joie de vivre
Pauline Quenu, fille des charcutiers du Ventre de Paris, arrive en Normandie chez son oncle suite à la mort de ses parents. Malgré les difficultés qui ne cessent de l'attaquer et de ronger sa vie, à l'image de la mer qui grignote la falaise sur laquelle est installée la maison, Pauline traverse ces épreuves avec son éternelle joie de vivre et son abnégation.
Par l'incessant acharnement des évènements contre les héros, ce roman peut être considéré comme "typiquement" zolien. Cependant, les qualités particulières de l'héroïne, l'environnement (la région de Bonneville), les personnages secondaires, concourent à rendre l'atmosphère moins noire que d'autres romans tout aussi durs.
Germinal
Etienne Lantier, fils de Gervaise, devient ouvrier à la mine de charbon du Voreux. Indigné par les conditions de vie des mineurs, il est l'instigateur d'une grève très dure, qui sera encore plus durement réprimée.
Quand on parle de Zola, on parle parfois de "réalisme noir", et c'est effectivement le cas ici. S'il est évident que le lieu de l'action contribue, par sa couleur, à noircir le tableau, les péripéties du roman plus horribles les unes que les autres contribuent grandement à en faire le roman peut-être le plus représentatif de Zola. Malgré tout, c'est une oeuvre que j'apprécie beaucoup, mais que je recommande à ceux qui ont le coeur solide - le film de Claude Berri est également magnifique.
L'Oeuvre
On retrouve Claude Lantier, fils de Gervaise et frère d'Etienne, artiste peintre de génie mais torturé. Ce roman est le prétexte pour Zola à développer ses thèses sur la peinture et l'art en général. On y retrouve l'influence des peintres impressionnistes, dont il était proche.
Malgré le foisonnement de couleurs qui jaillissent de la palette du peintre, malgré la splendeur et le génie qui semblent affleurer à chaque toile, j'ai surtout retenu de ce roman la douleur de la création, la torture de l'échec, l'impossibilité à exprimer ce que l'on veut vraiment représenté, et je garde une image très sombre de ce roman.
La Terre
Jean Macquart, ancien soldat des campagnes d'Italie, s'installe en Beauce pour y vivre de la terre. D'abord garçon de ferme au service d'un paysan aisé, il obtient une terre par son mariage et n'a de cesse de la mettre en valeur. Mais les haines familiales, les préventions séculaires à l'égard des étrangers, auront raison de sa bonne volonté.
Je n'ai pas beaucoup aimé ce roman. Même si l'on retrouve une excellente description de la vie paysanne, j'avoue que les personnages ne m'ont pas "accrochée" et que leur bêtise m'a parfois exaspérée. Néanmoins, cette oeuvre est essentielle pour comprendre les romans de Zola qui suivront cette saga.
Le Rêve
Voir l'article déjà publié à ce sujet.
La Bête humaine
Jacques Lantier, dernier enfant de Gervaise, est cheminot, conducteur de trains. Ayant assisté à un crime, il finit par entretenir une liaison avec l'épouse du criminel, réfrénant ses propres pulsions meurtrières. Celles-ci auront finalement raison de lui.
Toujours dans la veine du réalisme noir du point de vue de la détresse psychologique des personnages, ce roman est une formidable étude du chemin de fer, la grande invention du XIXème siècle, et de la vie qui se développe autour. Par moments, la personnification des machines donne au roman des accents fantastiques.
L'Argent
Voir l'article déjà publié à ce sujet.
La Débâcle
On retrouve Jean Macquart, héros de La Terre, une fois veuf et rengagé dans l'armée lors de la défaite de 1870. On suit le parcours sans but et chaotique des soldats promenés le long de la frontière jusqu'au désastre de Sedan, à la capitulation et à la chute de l'Empire, jusqu'à la Commune, avec en filigrane l'amitié fraternelle qui unit Jean et l'un de ses soldats.
Roman de l'attente, la première partie est longue voire ennuyeuse. Mais la suite devient plus intéressante au fur et à mesure des manoeuvres, des premiers mois d'occupation prussienne, avant de s'achever en apothéose par l'incendie de Paris.
Le Docteur Pascal
Après la chute de l'Empire, le docteur Pascal Rougon, dernier fils de Pierre et Félicité, travaille dans sa ville natale de Plassans à une grande oeuvre sur l'hérédité pour laquelle il étudie sa propre famille. A ses côtés vit Clotilde, sa nièce, fille de Saccard, pour laquelle il finit par se découvrir une passion.
Roman de la fin et du renouveau, le Docteur Pascal tient une place un peu particulière, de par sa large partie autobiographique - l'amour d'un homme âgé pour une jeune femme - sa volonté de classifier les membres de la famille selon leur hérédité - c'est Pascal qui est sensé avoir dessiné l'arbre généalogique des Rougon-Macquart - et les théories de Zola sur l'oeuvre du savant et son travail pour les générations futures. Ce n'est sans doute pas le meilleur roman de la série, mais il offre une compréhension globale de l'histoire de la famille et de la fameuse théorie de l'hérédité développée par Zola - aujourd'hui complètement dépassée et rétrograde.
Ca c'était un long article ! Alors à vous de me répondre ! Zola, vous aimez, vous détestez ? Quel est votre roman favori/abhorré ? Avez-vous le même sentiment sur les romans dont j'ai parlé ?
17 janvier 2009
De bons présages
Voici le dernier roman que je viens de finir, co-écrit par Terry Pratchett et Neil Gaiman. Forcément, entre deux chapitres du Genji-monogatari et après Zola (oui, encore), j'avais besoin de m'aérer la tête. Le livre appartient à l'Anglais, et a été publié par une maison d'édition... comment dire... où certains membres de la famille ont été actifs.
L'Apocalypse est pour bientôt, et plus précisément pour dans onze ans. C'est pourquoi les forces infernales font naître l'Antéchrist en Angleterre. Aziraphale et Rampa, archange et démon, sont plus ou moins amis, ou du moins collaborent de temps à autre, et réalisent qu'en fait, l'Apocalypse, ça ne les tente pas plus que cela... Ils décident donc de voir comment ils peuvent influer sur le cours de l'histoire. Dans le même temps, d'autres personnages se croisent, du sous-doué en mécanique et informatique à la prophétesse trop bien renseignée, en passant par l'Inquisiteur Général.
Vous l'aurez compris, comme la majorité des oeuvres de Pratchett, le délirant n'est jamais loin du fantastique. On rit beaucoup de certaines situations, on retrouve les notes de bas de page totalement loufoques, on saluera la modernisation du mythe des quatre cavaliers de l'Apocalypse. Cependant, il faut souligner certaines longueurs au milieu du roman, même si la fin est plus entraînante et fait oublier le rythme un peu poussif de l'intrigue.
27 octobre 2008
Joséphine
Souvenez-vous, il y a quelques mois, je vous faisais part de l'excellente BD de Pénélope Bagieu, adaptée de son blog. Après nous avoir raconté sa fascinante vie quotidienne, la dessinatrice nous narre à présent les aventures de Joséphine.
Joséphine a une grande copine, Rose, mais pas de petit ami. Elle a une soeur exaspérante et une concierge envahissante. Joséphine n'a pas de marques de maillot à son retour de vacances, mais elle a un chat.
Joséphine est un personnage attachant et drôle, dans lequel on se reconnaît forcément un peu. Même l'Anglais a retrouvé ses talents culinaires dans ceux de Joséphine, c'est dire. On rit parfois un peu malgré nous, parce qu'on aimerait bien qu'il lui arrive des choses plus sympathiques, à ce personnage, mais on passe un très bon moment.
A force de lire le blog de Pénélope, on se rend compte qu'il y a quand même beaucoup d'elle-même dans ce personnage, ce qui le rend plus "vrai".
23 octobre 2008
Breaking dawn
Depuis un mois qu'Ei m'avait rapporté le dernier tome de la saga Twilight en direct du pays-du-hamburger, je n'avais pas eu l'occasion de m'y mettre - bah oui, Zola, Stieg Larsson et Moorcock sont passés avant. Cet oubli est désormais réparé et, après deux soirées et une journée dans mon canapé et de nombreux trajets en métro, j'en suis venue à bout.
L'histoire reprend juste après la fin du précédent tome, et nous fait découvrir la relation des deux héros une fois mariés et confrontés à un certain nombre de problèmes... Je ne peux pas en dire plus sous peine de spoiler, donc il faudra vous en contenter.
C'est toujours aussi agréable à lire, fluide, parfois drôle, parfois poignant, même en anglais, et les évènements s'enchaînent logiquement. Personnellement, je regrette que cet enchaînement soit tellement logique qu'il en devienne transparent : j'ai vu venir presque tous les évènements importants de l'intrigue 20 à 50 pages à l'avance. En outre, et même si c'est une des raisons pour lesquelles j'aime cette série (mon côté fleur bleue ado), le happily ever after est un peu trop happy. Presque fade.
Quoiqu'il en soit, il faudra s'en contenter puisque, contrairement à ce qui était annoncé auparavant, Stephenie Meyer a renoncé à publier Midnight sun qui aurait dû présenter l'histoire du point de vue d'Edward, suite à une fuite sur internet de ses premiers essais.

